Irlande #1- de Kinsale à Union Hall

Hello

 

Voici enfin le tout premier volet de notre séjour en Irlande. Je sens qu’il va me falloir du temps pour venir à bout des innombrables photos et plusieurs articles pour retracer notre séjour. C’est toujours difficile d’éliminer des photos. Comme l’a dit Boileau, « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage » et je vois enfin ce qu’il voulait dire par là, non que j’ai la prétention d’avoir du talent et de créer une oeuvre d’art, mais je me rends compte combien la création d’un article, pour moi tout du moins, demande du temps et de la réflexion. Être confrontée à mes incertitudes, faire des choix pour arriver à quelque chose qui me convienne. Après avoir parcouru les photos, je reviens dessus de nombreuses fois jusqu’à ne sélectionner que celles qui en valent la peine ou qui du moins ont quelque chose à mes yeux. J’espère que ce premier article vous plaira et qu’il vous donnera l’envie d’explorer cette partie de l’Irlande. Ce qui est sûr, c’est que ce fut pour moi l’un des meilleurs moments de ce voyage… peut-être parce que le soleil était au rendez-vous… Bonne lecture!

La traversée

27 avril 2018. Enfin nous y sommes! C’est le jour du départ vers l’île d’Eire. Nous l’avons longuement attendu ce voyage et je sens monter l’excitation à l’idée de fouler enfin ces terres sauvages. Comme à mon habitude, je suis en retard…  Je me dépêche de charger les dernières affaires dans le coffre mais malgré les listes et les tas, j’arrive encore à oublier quelque chose. Cette fois-ci, ce sont les bottes jaunes de Louis qui restent sur les fauteuils de cinéma. Quelle idée aussi de les avoir posées là! Quand la porte est ouverte, on ne les voit presque plus. Lorsque je m’en rends compte, il trop tard. Je peste mais me résigne à les abandonner à leur triste sort. Elles ne fouleront pas les plages d’Irlande. Je récupère au passage mes deux hommes et nous filons vers la petite cité corsaire où nous attend le ferry. 

La file de voitures s’étire déjà lorsque nous arrivons à Roscoff et le travail des douanes rallonge encore le temps d’attente. Louis s’impatiente et veut prendre les commandes de la voiture,   trop heureux de s’asseoir sur nos genoux. Le temps s’écoule ; il est bientôt 20h30, l’heure du départ et nous n’avons toujours pas embarqué. Finalement, un mouvement se fait, les voitures se mettent en branle et nous gagnons le pont inférieur n°3. Le stress monte, nous sommes parmi les derniers et il ne faut rien oublier, en particulier les affaires de Louis – son lit, sa petite couette, le doudou… Voyager avec un petit, c’est parfois souvent sport. 

Une fois les affaires déposées dans la cabine, nous montons enfin sur le pont et profitons du spectacle : coucher de soleil sur Roscoff et l’île de Batz. Cette côte sertie de mille récifs est magnifique, encore plus sous cette lumière déclinante. Louis est tout heureux de se dégourdir les jambes, de regarder la mer ou de découvrir par le toit vitré la piscine. Les ponts et leurs coursives, les cheminées et la timonerie offrent des perspectives et des lignes blanches qui se découpent sur la mer et invitent notre regard à plonger dans cette immensité gris bleu. A l’intérieur, beaucoup de monde et une drôle d’ambiance. Les passagers sont majoritairement français et le climat est festif : tout le monde est heureux de partir (re)découvrir l’île d’Émeraude. Vient l’heure du coucher, Louis n’a pas vraiment envie de dormir mais quelques tours de couloir plus tard, il s’endort finalement et nous pouvons à notre tour gagner notre couchette pour être en forme le lendemain.

Au petit matin, mes deux hommes dorment comme des loirs et je m’extirpe de la cabine pour monter sur le pont. Le jour se lève, j’aperçois au loin les côtes irlandaises mais la distance est encore trop importante pour « les figer sur la pellicule ». Le ferry file le long de ces terres et l’air vivifiant fouette agréablement mon visage. Le bateau se rapproche de l’embouchure qui mène à Cork et je redescends voir si Damien et Louis ont émergé. Je les trouve éveillés et nous rangeons rapidement les affaires pour profiter ensemble de cette arrivée. Nous découvrons la côte sauvage, la rade qui mène à Cork et qui se rétrécit peu à peu. Enfin Cobh et les façades colorées de ses maisons mitoyennes qui longent le quai. Je regrette de n’être pas remontée plus tôt pour découvrir l’embouchure, les îles de cette baie et photographier ce joli port. Ce sera pour une prochaine fois je l’espère. 

Jour 1 : de Kinsale à Union Hall

Kinsale

28 avril, 9H30. Nous avons la chance d’être parmi les premiers à quitter le bateau et nous rejoignons le pont n°3 pour quitter rapidement le ferry. Nous avons déjà décidé de filer droit sur Kinsale. Première chose, ne pas oublier de rouler à gauche. Deuxième chose : faire attention aux carrefours et dans les ronds-points. Cela peut paraître simple mais c’est vraiment décontenançant. A nous deux, nous parvenons tout de même à être vigilants. Et dès que nous quittons le port, le ton est donné : l’étroitesse des routes de campagne continue de nous surprendre. Dans ce cadre à la fois familier et dépaysant, nous longeons la côte ouest.

Nous arrivons finalement vers 10 heures à Kinsale, l’heure idéale car la petite cité se réveille doucement et nous pouvons profiter du calme. Après avoir garé la voiture sur le port, nous déambulons dans les ruelles du centre et nous arrêtons au hasard chez Lemon Leaf pour le petit-déjeuner. L’ambiance est familiale et décontractée, les serveuses prévenantes et Louis se voit même prêter un tracteur John Deere – il est ravi! Dans l’assiette, des pancakes pour Damien et un oeuf Bénédicte pour moi. La nourriture est correcte et nous passons un agréable moment. Après cette pause, nous remontons doucement vers l’église Saint Multose au milieu des façades colorées, des jolies devantures au charme désuet, des petites places. L’édifice, ceinturé par un muret et entouré de tombes, dégage une atmosphère romantique. Le magnolia en fleurs, les pierres tombales vacillantes, l’intérieur de l’église à ses murs blancs, son mobilier en bois et ses bouquets de camélias, tout dégage un charme mélancolique.  Nous flânons au milieu de ce cimetière à l’atmosphère apaisante avant d’emprunter la Chairman Line pour redescendre vers le port.

Les couleurs vives des maisons, l’écriture ancienne des enseignes, les fenêtres fleuries égayent les rues et rendent cette charmante cité. Louis s’arrête devant la vitrine d’une librairie et nous repartons avec deux livres en anglais. J’ai toujours aimé les petites librairies, celles où l’on sent la main de leur propriétaire qui sélectionne amoureusement ses livres, les arrange avec goût et peut en parler des heures.  Ici, nous retrouvons l’ambiance des librairies de mon enfance, bien loin de celles des grandes enseignes. Puis, nous longeons ensuite le port où un zodiac vient accoster. Protégé par une baie, il rythme sans doute la vie des habitants et abrite de belles maisons en bois dont on aimerait pousser la porte.

Nous achevons notre boucle en empruntant la Main Street : Les imposantes demeures -celles des anciens riches marchands? – cèdent rapidement le pas à de petites boutiques et charmés par la vitrine du Poet’s Corner, nous nous y arrêtons pour un déjeuner sur le pouce. Une jolie adresse à garder dans ses carnets. Les serveurs sont très sympathiques et leurs sandwichs préparés avec des produits frais et de qualité. 

Nous avons longtemps fantasmé ce voyage et ce premier contact est tout à fait charmant. Jolis paysages, routes étroites au milieu de la campagne verdoyante, soleil et douceur des températures, bourgeons et arbres en fleurs qui célèbrent le printemps naissant.

Puis Kinsale. Ses habitants sympathiques, le rythme de la marée qui marque de son empreinte le paysage – tantôt les vasières où viennent se nourrir les oiseaux de mer, tantôt la marée qui donne l’impression d’être sur une terre insulaire – les ruelles qui serpentent à travers la ville, les fenêtres à croisée avec leurs montants en bois et les coquettes devantures, son ancienne banque avec sa façade couverte d’ardoises, un brin hollandaise. Tout est fait pour nous plaire. On y reviendrait bien mais il est plus de 16 heures et il est temps de filer vers Union Hall où se trouve notre premier logement.

Sur la route d’Union Hall

La route est superbe : elle serpente au milieu de la campagne et offre de splendides perpectives au détour d’un virage sur les vallons verdoyants et la mer. Louis s’est endormi, terrassé par ces deux jours. Nous en profitons pour nous arrêter et contempler le paysage. Un héron se pose tout en douceur dans l’estran à la recherche de nourriture et sa silhouette élancée se dessine dans la lumière descendante. Les ombres s’allongent, les eaux, liquide argenté, scintillent à mesure que la lumière décline.

Un peu plus loin, Harbour view beach, bande de sable étroite à marée haute, offre en cette fin de journée un terrain de jeu aux familles ou un lieu de flânerie pour les autres. Le roulis régulier des vagues qui viennent invariablement s’écraser entre ces deux bras de terre, est apaisant. Le soleil nous fait bien, nous qui avons eu si mauvais temps en Bretagne ces derniers mois. Nous reprenons la route et découvrons le village de Timoleague. Alors que nous empruntons le pont, sur notre gauche, un château en ruine domine le bras de mer tandis qu’à droite, l’église veille sur l’entrée de la petite cité. Comme Louis dort toujours, j’en profite pour explorer rapidement les environs. Une demeure noble et son jardin offrent un tableau idyllique, lovés le long du cours d’eau. Finalement, nous repartons, traversons la ville de Clonalkity qui semble bien sympathique et pleine de vie et poursuivons notre route au milieu des prairies et des zones boisées. 

Glandore Terrace, le paradis

Finalement, au sortir d’un virage, nous tombons sur cette pépite, Glandore Terrace. Je l’avais repérée lors de mes recherches et l’avait laissée de côté, endormie dans un coin de ma tête. Mais en arrivant là, les images sont immédiatement remontées à la surface. Je n’aurais jamais imaginé que cela pût ressembler à cela : une route perdue au milieu de la campagne soudainement ceinte de pubs d’un côté, d’un muret surplombant la mer de l’autre. Et sur le bitume des tables et des chaises pour nous accueillir. Véritablement, un lieu où le temps s’arrête, où l’on peut savourer l’instant, la vue, le passage des voiliers et apprécier le jeu des lumières sur le paysage.  

C’est l’occasion de goûter notre première Guinness en Irlande et de s’en délecter, simplement parce que nous sommes là, sur ces terres irlandaises. Louis explore son livre sur les trains et observe avec attention ce qui l’entoure ; nous échangeons nos premières impressions avant de réfléchir tranquillement au lendemain. On serait bien restés des heures et surtout revenus le lendemain mais il faut repartir alors que le soleil décline et que la température se rafraîchit. 

Un bed & breakfast pour la nuit

Après cette pause si agréable – le moment parfait où tout converge harmonieusement – nous reprenons la voiture, direction notre bed & breakfast. La route suit le cours du fleuve qui remonte vers Union Hall. Là, un pont, le Poulgorm bridge nous permet de rejoindre l’autre rive, plus loin, les entrées de demeures aux vastes parcs arborés attirent le regard et toujours ces chaussées étroites.  Nous traversons un sous-bois et découvrons finalement Union Hall, qui fait la jonction entre deux bras de terre. 

Notre hébergement se trouve sur les hauteurs. Carol nous accueille avec hospitalité et Louis est trop heureux de se sentir comme à la maison. La chambre est vaste, confortable & propre, la décoration typique de l’Irlande et de la fenêtre, on peut même apercevoir le bras de mer. Après cette longue journée, cela fait du bien de poser ses bagages et de se reposer. Nous terminons par un dîner au Glandore Bistrot, où nous passons un agréable moment et faisons la connaissance d’Irlandais qui nous parlent de Brest & de Quimper qu’ils ont eu l’occasion de visiter!

Kinsale

Lemon Leaf, même si au niveau de l’assiette, cela n’avait rien d’exceptionnel, nous avons passé un moment très agréable. Idéal pour débuter la journée autour d’un café ou d’un petit déjeuner. Les scores avaient l’air délicieux et devaient l’être puisqu’ils n’y en avait plus lorsque notre tour est venu de commander. Un plus pour l’accueil très sympathique et pour le cadre qui nous donne l’impression de pousser la porte d’une maison irlandaise. 70 Main Street, Kinsale. Horaires : du lundi au vendredi : 8h30-16h, samedi & dimanche : 08h30 -18h.

The Poet’s Corner, Un lieu vraiment très agréable pour un déjeuner léger ou une pause goûter. Le lieu est très convivial avec ses larges bibliothèques remplies de livres. Le principe, un salon de thé bouquinerie où l’on peut apporter ses livres et repartir avec d’autres. Si vous êtes bilingues mais pas que … Par ailleurs, l’accueil est détendu, jeune, convivial. Louis s’est vu prêté un livre et s’est régalé avec son sandwich, tout comme nous. Les produits sont frais et le carrot cake était à tomber. Une adresse à retenir. 44, Main Street, Kinsale. Horaires : tous les jours, 9h-18h.

Bastion, même si le restaurant était fermé lorsque nous sommes passés à Kinsale, c’est l’endroit où j’aurais voulu déjeuner. Malheureusement, ils ne sont ouverts que le soir mais cela semble vraiment valoir la peine. Junction of Market St & Main St, Kinsale. Mercredi-dimanche, à partir de 17h. 

The Bookstor, la petite librairie d’où nous avons rapporté deux livres pour Louis… Nos seuls souvenirs d’Irlande. On se croirait dans une maison de poupées tant cette librairie est petite et chaleureuse. 1 Newman’s Mall, Kinsale.

Glandore

la Glandore Terrace, plusieurs pubs nichés entre le bras de mer et la falaise sur la R597, que l’on découvre au sortir d’un virage et qui ont installé une terrasse sur la route – oui, oui – le long du muret qui domine la mer. Rien de dangereux cependant, les voitures roulent doucement et la vue est imprenable. L’un de nos meilleurs moments, boire notre première bière et apprécier le paysage au soleil. Un petit bijou.

Le Glandore Bistrot, un restaurant qui propose une cuisine de qualité et presque le seul où nous ayons bien mangé. Je ne sais si c’est parce que nous nous sommes rendus dans des lieux retirés ou parce que la gastronomie irlandaise est peu développée, mais la nourriture ne fera pas forcément partie des meilleurs souvenirs. En tout cas, il s’agit d’une bonne adresse même si le rapport qualité-prix n’était pas excellent. Petit bémol, recevoir des enfants ne semble pas être leur fort. Lorsque nous leur avons demandé s’il était possible d’avoir quelque chose pour Louis, cela a semblé compliqué au début… Les produits dans l’assiette sont fins et leur terrasse offre une belle vue sur la rade. Glandore Terrace, lundi au samedi : 18h-21h, dimanche : 12h30-21h, fermé le jeudi. 

 

Premier volet achevé. Il m’aura fallu beaucoup de temps et je me demande bien combien il m’en faudra pour écrire la suite. Peu importe, j’y prends plaisir et j’espère réussir à vous en donner un peu. Au prochain épisode, deuxième journée direction la péninsule de Mizen. Des paysages à couper le souffle. Je suis impatiente de me replonger dans ces photos et de raviver les souvenirs. 

 

Belle journée

Thalieandco

Bonjour, jeune femme de 34 ans, mariée et maman d'un petit garçon, je suis passionnée par la déco, les voyages, les petits plaisirs du quotidien. Je souhaite vous faire partager mes découvertes : les endroits qui m'ont marqués, mes inspirations et goûts du moment, les belles rencontres, les moments qui enchantent la vie jour après jour. Je vous souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à m'envoyer un message ou à me laisser un commentaire. Thalieandco

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  1. Répondre

    Eloise

    25 juin 2018

    Vraiment top ! les photos sont magnifiques !!

    • Répondre

      Thalieandco

      25 juin 2018

      Merci beaucoup Eloïse, je suis ravie de savoir que l’article elles photos te plaisent! Très belle soirée.

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