Irlande #2- la péninsule de Mizen

Bonjour

 

Deuxième volet de ce voyage en Irlande. Aujourd’hui, je vous emmène sur la route de Mizen Head. Nous avons longuement hésité entre visiter cette péninsule, qui est la plus au sud de l’île, et celle de Sheep’s Head. Nous avons finalement choisi la première et n’avons pas été déçus ! Elle réunit tout ce que nous aimons : routes sinueuses, plages désertes et paysages grandioses et tout cela loin des foules – excepté le site de la pointe un peu plus fréquenté. Au programme, balades le long de la côte, châteaux de sable et pique-nique sur le sable, visite de l’extrémité de la péninsule, rencontre inattendue avec un cheval, sous le soleil puis le crachin irlandais, histoire de n’être pas trop dépaysés… Bonne lecture!

Jour 2 : la Péninsule de Mizen

Union Hall

29 avril 2018. Aux environs de 8h. Réveillée par les doux rayons du soleil qui se glissent timidement entre les rideaux de la chambre, je savoure ces instants où mes deux hommes sont encore endormis. A travers la fenêtre, j’aperçois au loin la mer. La maison sort doucement de sa torpeur et je me remémore cette première journée irlandaise alors que Louis commence à s’agiter dans son lit parapluie. Finalement, nos regards se croisent et il demande, comme à son habitude, à rejoindre notre lit. Damien, qui dormais encore, est finalement éveillé par notre petit bonhomme. Tout le monde se prépare tranquillement et nous descendons pour le petit-déjeuner. Dans le salon, un groupe d’amis est déjà attablé tandis que dans la seconde salle, une famille italienne déjeune. Premier bol de chocopops pour Louis – un instant à figer sur la pellicule – tandis que nous prenons un bol de céréales, des fruits frais et des pancakes pour bien démarrer la journée. Avant de quitter la maison de Caroll et Jim, nous prenons le temps d’échanger avec eux : lui est irlandais, elle est anglaise. nous sentons toute la complicité qui anime ce couple. Ils nous parlent de leur vie, de leur projet, de cette magnifique région et c’est un beau moment que celui d’échanger avec eux.  

Nous quittons finalement leur B&B et rejoignons le centre-ville pour acheter de quoi faire un pique-nique sur la route. Une rue commerçante, des façades à un ou deux étages étroites et colorées, des fenêtres à croisillons, un bras de mer qui vient s’échouer dans le port et cette façade d’un vert tendre. Soudain, alors que je presse la détente, un chien s’invite sur la photo. Un moment à part qui donne toute sa valeur à la photographie. Il donnera à ce moment une saveur inoubliable, celle de ce doux matin où nous goûtons au plaisir des vacances irlandaises.

Cadogan’s Strand

Nous prenons la route, direction Mizen head pour rejoindre la N71. Le paysage est rude avec sa végétation rase à la palette sombre, ses arbres dont les bourgeons n’ont pas encore éclaté pour laisser place aux feuilles, et ses maisons isolées. Rapidement cependant, nous arrivons sur la nationale et les lieux deviennent plus hospitaliers. Premier arrêt, Cadogan’s Strand.  Dans le village, nous apercevons cette crique et sa vue sur la côté découpée. Nous décidons alors de faire demi-tour.   La route est étroite mais un renfoncement semblait nous attendre. Nous garons la voiture et descendons vers la grève. Alors que Damien & Louis empruntent l’avancée, j’en profite pour saisir ces instants. Louis s’émerveille devant les flaques qui abritent tout un microcosme tandis que son papa lui fait découvrir les petites bêtes qui y vivent en autarcie. Au large, la côte ciselée s’avance dans l’océan, s’amusant à faire danser les lignes sur la mer et l’horizon. Là, une mouette guette les petits poissons, plus près, le goémon attise la curiosité de Louis qui observe crabes et coquillages. Finalement, nous quittons cette terre abritée à l’extrémité de la baie et reprenons la route, laissant derrière nous ce moment de complicité. 

Altar Wedge Tomb

Seuls sur la route, nous nous enfonçons dans cette terre sauvage, isolée, rude. Personne alentour et les tourbières à perte de vue. Le bitume tranche avec les palettes ocres des herbes brulées. Alors que nous roulons depuis un moment, la R592 se resserre et enlace la côte déchiquetée. Seulement des roches tailladées par les éléments et l’herbe sauvage. Au détour d’un virage, un petit parking marque l’entrée du site d’Altar Wedge Tomb. Nous réussissons à garer la voiture entre les quelques-unes stationnées et découvrons ce paysage abrupt. La roche est un véritable travail d’orfèvre, à la fois fascinant et effrayant, tant elle est saillante et inhospitalière. Cette tombe, perdue au milieu de cette lande, nous donne à sentir notre histoire. Des hommes venus sur ces terres pour y enterrer les leurs et nous qui foulons leurs pas sans réellement prendre conscience de cette humanité disparue, perdus entre la joie de Louis et ces touristes qui crapahutent sur les rochers pour se prendre en photo.

Une petite plage à deux pas de Barleycove

Nous reprenons la route et approchons de la pointe. La voie est de plus en plus étroite et aucun endroit ne se présente pour s’arrêter. Nous laissons sur notre gauche le village de Crookhaven que j’aurais bien aimé visiter, isolé sur sa péninsule et découvrons une plage quasi-déserte nichée entre deux bras de terre. Tentés, nous trouvons finalement à nous garer et redescendons vers la plage. Louis & son papa marchent en tête tandis que j’en profite pour les photographier, eux et ces collines verdoyantes qui plongent doucement vers la mer, leurs prés délimités par des murets en pierre. Sur la plage, les quelques flâneurs ont laissé l’emprunte de leur passage qui forment des lignes courbes au gré de leurs déambulations. Nous plantons le parasol et Louis se saisit immédiatement de son seau pour le remplir de ce sable fin et lourd qui rend difficile la construction des châteaux de sable. Nous prenons le temps, profitons du soleil qui nous a tant manqué, admirons les vagues qui nous bercent de leur mélodie. Arrive l’heure du pique-nique. Comme c’est agréable ces instants tout simples loin de notre course effrénée où l’on retrouve le goût de l’enfance, celui des choses simples.  

Mizen Head

Nous quittons sous le soleil ce lieu idyllique et longeons la côté pour redescendre sur la plage de Barleycove. Le lieu dégage une impression étrange. Un complexe hôtelier domine l’immense étendue de sable et défigure quelque peu le site. Devant nous, les terres ne permettent pas les cultures et seuls des fermiers y font paître leur bétail. Mais les champs à l’herbe grasse ont laissé place à des zones boueuses où s’entassent objets en tous genres. Nous croisons des agriculteurs qui mènent leur troupeau et empruntons finalement la route de la pointe. Nous arrivons rapidement sur un parking qui marque l’entrée du site. Celui-ci est payant. Il faut traverser une boutique de souvenirs et de restauration rapide pour découvrir ensuite une salle qui retrace l’histoire de ce lieu et de son phare avant de commencer la visite. Sur les conseils du guichetier, nous prenons la poussette et nous avons bien fait. Presque tout le sentier est praticable à l’exception d’un escalier.

Le chemin en lacet descend vers les falaises à l’est et nous sommes déjà saisis par la grandeur du site :  grottes, roches striées qui marquent le passage du temps et semblent s’être effondrées pour partie dans la mer, écume blanche qui se fait et se défait inlassablement sur les rocs.  Nous empruntons alors le Mizen Bridge et la sensation de vertige me saisit, les jambes qui flageolent à l’idée de marcher sur cet ouvrage étroit suspendu au-dessus d’un gouffre.  C’est alors que nous en prenons plein les yeux!  Ces blocs de pierre semblent avoir été jetés là par des géants belliqueux et forment un chaos dans lequel la mer vient se briser. Je ne sais si le site est accessible les jours de tempêtes mais ce doit être une expérience incroyable.

Nous arrivons alors sur l’île Cloghnane qui a abrité une station d’aide à la navigation et le phare – aujourd’hui automatisé. S’imaginer ces hommes qui ont accompli une telle mission me laisse admirative et m’interroge toujours sur notre monde actuel si différent de celui de nos aïeux qui étaient nos grands-pères, nos arrière-grands-pères. Combien d’entre nous seraient prêts aujourd’hui à accomplir une telle tâche? L’idée de vivre dans un lieu si rude et coupé du monde face à ces éléments qui nous font sentir combien notre condition humaine est précaire est vertigineuse… Nous rebroussons chemin et nous lançons dans l’ascension de l’escalier qui nous conduit sur le promontoire  : une vue impressionnante sur les falaises! Louis fait son petit effet auprès des motards qu’il avait déjà croisés sur le parking et que nous retrouvons alors. Tandis qu’ils redescendent tous, il leur dit au revoir et les salue de la main – un enfant, le meilleur moyen de s’attirer la sympathie du plus grand nombre 🙂

Nous profitons du site encore quelques instants avant de nous décider à rentrer : le ciel commence à s’obscurcir et Louis accuse le coup de cette longue journée. D’ailleurs, cinq minutes après avoir regagné la poussette, il s’endort. Les motards qui s’apprêtent à se mettre en selle sont amusés de le voir ainsi, lui qui un quart d’heure auparavant ne cessait de courir et d’entamer la discussion avec eux – j’ai oublié de préciser qu’ils étaient français!  

Sur la route de Kenmare

Aux alentours de 16h. Alors que nous montons en voiture, les premières gouttes tombent. Le ciel est chargé et nous sommes bien contents d’être à l’abri. Nous traversons à nouveau la campagne de Barleycove et le GPS nous indique de prendre une route sur notre gauche. Étonnés, nous obéissons – oui, nous sommes de ces gens qui obéissent à une machine – et nous retrouvons sur une voie plus étroite. Nous pestons un peu mais le paysage irréel, inquiétant a raison de notre scepticisme. Finalement, le souvenir qui marque une journée se présente. Au milieu de la « route », un cheval broute l’herbe des bas-côtés. Il s’arrête, nous regarde, s’avance tranquillement vers nous avant de nous laisser passer. Une rencontre qui restera dans nos esprits, une scène qui dans notre imaginaire fait la beauté de ces voyages sur des terres entières, préservées.

Pour la fin de l’histoire, nous suivons les indications du GPS qui nous ramène finalement sur la « départementale » que nous avions quittée! Nous roulons, traversons Bantry, arrivons enfin à Kenmare et sommes bien contents de pouvoir nous reposer. Le reste de la journée se passera à l’hôtel. Une belle attention attend Louis à l’hôtel, une peluche à l’image de l’Irlande : un mouton et un sablé sur lequel son nom est écrit avec … du chocolat. Miam!

Un article pour cette belle journée qui en méritait bien un. Une péninsule qui vaut vraiment la peine d’être explorée si, comme nous, vous aimez les terres reculées, la mer, les montagnes. Une seule journée, c’était sans doute un peu court et nous aurions aimé prendre le temps de découvrir la côte nord et pourquoi pas prolonger avec la deuxième péninsule. Une prochaine fois, peut-être. Pour le troisième article, je vous parle de Kenmare, des lacs de Killarney et du Gap of Dunlop – enfin ce que nous avons pu en voir sous la pluie…  

 

Belle journée

Thalieandco

Bonjour, jeune femme de 34 ans, mariée et maman d'un petit garçon, je suis passionnée par la déco, les voyages, les petits plaisirs du quotidien. Je souhaite vous faire partager mes découvertes : les endroits qui m'ont marqués, mes inspirations et goûts du moment, les belles rencontres, les moments qui enchantent la vie jour après jour. Je vous souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à m'envoyer un message ou à me laisser un commentaire. Thalieandco

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